Règles du jeu

 

Le matériel

Les quilles

Huit quilles «debout» de 60 cm de hauteur pour un diamètre de 7 cm. Une quille joueuse, le «quillou» : longueur maximum 60 cm. Elles sont confectionnées en hêtre.

Implantation du jeu : quilles placées à 1 mètre l’une de l’autre.

La boule

En bois dur (noyer), son poids oscille entre 4 et 6 Kg pour un diamètre allant de 24 à 28 centimètres.

Le gabarit

Il sert à délimiter l’emplacement du joueur. Il est en fer, d’une longueur de 3 mètres, rabattu à l’équerre à chaque extrémité sur 1 mètre.

Les taquets

Plantés dans le sol du jeu, les 8 taquets servent de support aux quilles «debout».

 

Le terrain

En terre battue ou en sable compacté, il doit mesurer 30 mètres de long et 6 de large. Il doit répondre à des règles de sécurité définies par la fédération française.

 

La partie

Une partie se déroule en neuf coups : 3 à petites distances, 3 à distances intermédiaires et 3 à longues distances. Ces distances varient selon l’âge et le sexe des joueur(se)s.

Mis à part à la plus petite distance où l’on ne joue qu’avec la boule, le coup comporte deux gestes distincts :

 

Un joueur senior respectera les distances et le règlement suivant :

Þ   à 1 mètre : le joueur joue une fois avec la boule seule

Þ   à 5 mètres : le joueur joue deux fois. A chaque fois il y a deux gestes distincts : 1 la frappe de la quille joueuse avec la boule, 2 le lancer de la boule. Pour que les points, c’est à dire les quilles abattues, soient validés il faut absolument renverser une quille appelée «bonne»

Þ   à 10 mètres : le joueur joue trois fois. Les règles sont les mêmes qu’à 5 m. Par contre si le joueur abat au moins deux quilles lors du lancer du «Quillou» il sera dispensé d’abattre la bonne pour que les points soient validés.

Þ   à 15 mètres : le joueur joue deux fois. Une seule quille abattue avec le lancer du «Quillou»  dispense d’abattre la bonne pour valider les points

Þ   à 20 mètres : le joueur joue une fois et les conditions de jeu sont identiques à la distance de 15 m.

 

Décompte des points


Les quilles de huit dans l’histoire

 

Depuis que l’homme ne s’est plus préoccupé uniquement de sa survie, il s’est inventé des passe-temps qui sont peu à peu se transformés en loisirs.

Ainsi, on dénombrait pas moins de 160 jeux de quilles différents, à peu près également répartis sur l’ensemble du territoire français à la fin du XIX° siècle.

Dans le Rouergue, on joue aux quilles dans le moindre village. Le matériel utilisé et les règles varient et les artisans du bois (menuisier, charpentier, sabotier, charron, tonnelier, etc…) sont sollicités pour la confection de quilles plus ou moins hautes, plus ou moins ventrues ou galbées, et de boules plus ou moins rondes.

Alors qu’ailleurs en France le nombre de quilles dressées variait de 3 à 9, en Aveyron comme dans la plupart des départements limitrophes, c’était le jeu à 9 quilles qui était le plus pratiqué.

 

On jouait également « à mettre » c’est-à-dire que le meneur de jeu imposait des figures à réaliser, des quilles à abattre, des façons de lancer la boule, etc….

Dans la région d’Espalion, l’une de ces figures, qui consistait à « prendre quille » prit peu à peu le pas sur les autres… Dès lors, il n’y avait plus que huit quilles debout, on ne se préoccupait plus que du score à réaliser, le plus élevé possible… On s’acheminait progressivement vers le jeu actuel.

 

Ce sont les Aveyronnais de Paris, organisés en puissantes amicales, qui vont réussir à imposer le jeu actuel. La plupart d’entre eux étant originaires du Nord Aveyron, il est normal, que ce soit la « mode Espalionnaise » qui ait prévalu sur toutes les autres. Au pays, on appellera ce jeu « à la Parisienne » ou encore le « concours », par opposition aux autres façons de jouer.

 

Aussi, au cours d’une réunion le 6 juin 1912, la Solidarité Aveyronnaise, présidée alors par Joseph AYRIGNAC, établit les règles du « Championnat du jeu de Quilles ».

Elles étaient sensiblement les mêmes que les règles actuelles mais à l’origine, la partie ne comportait que huit coups et s’arrêtait à 15 mètres. Le neuvième coup, à 20 mètres, fut rapidement ajouté.

16 mars 1913 : Première rencontre à Paris avec le coup à 20 mètres.

1936 : Création de la Fédération Aveyronnaise de Quilles et du Championnat de l’Aveyron appelé Fanion.

1946 : Création du Comité Parisien de Quilles et première édition du Championnat de France par équipes.

1951 : Première édition du Championnat de France Individuel.

 

21 janvier 1957 : Création de la Fédération Française des Sports de Quilles dont le premier Président sera Robert MAZARS issu des Quilles de Huit.

 


Les Quilles de huit en chiffres

 

100 clubs

4000 licenciés dont 450 féminines et 400 jeunes de moins de 12 ans

50 terrains homologués de 20 jeux

8 quillodromes (terrains couverts) représentant un total de 48 terrains.

des rencontres officielles débouchant sur :

1 championnat de France individuel

1 championnat de France par équipes

1 coupe de France

1 Conseiller Technique Fédéral

Une équipe technique

70 animateurs

2 secrétaires

et des dizaines de bénévoles …

 

 

 

 

 

Comprendre la technique

 

Pratiquer les quilles de huit c’est faire un sport individuel qui repose sur l’utilisation de capacités techniques, tactiques, physiques et mentales. Un bon joueur se caractérise par son aptitude à reproduire un geste juste lui assurant précision et régularité. Chacun exploitera ses ressources et il existe plusieurs styles de jeux. Toutefois il se dégage des fondamentaux techniques faisant appel à la coordination, l’amplitude, à la recherche et la reproduction de sensations précises.

La concentration nécessaire à ce sport en est une des richesses. La tactique repose sur le choix du matériel qui doit être adapté au joueur et à la distance de jeu. Elle s’exprime également au travers du choix effectué par le joueur pour se placer en fonction des quilles visées.

Le geste fait appel à de l’endurance et d’une façon générale à une bonne condition physique.

Ce sport, parce qu’il peut être pratiqué par tous et par toutes, est structuré pour répondre à des demandes liées à l’initiation, au loisir ou à la compétition.