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| Pour
expert |
| Votre
boule roule sur sa meilleure trajectoire. Une
joie vous envahit quand vous la voyez remonter
à toute allure vers la poche et, tout à coup,
vous entendez ce bruit caractéristique et inimitable
du strike parfait…STRIKE? Mais là ... cette insupportable
10, ou cette fichue 8, ou bien cette foutue, ou
encore cette [CENSURE] de 7, ou tout autre qualificatif
dont avons l'habitude dans ces moments-là, reste
désespérément et inexorablement dressée. Vous
êtes consterné, abattu, vous vous sentez lésé...
Bref!! c'est la DOUCHE FROIDE!!! Mais comment
cela se fait-il? Et bien, chers amis amoureux
du bowling, je déteste vous dire ça mais ... c'est
entièrement de votre faute. Vous avez raté votre
coup. La boule que vous avez lancée n'était pas
aussi parfaite qu'elle en avait l'air. Que vous
le croyiez ou non, vous avez manqué votre coup
d'un petit rien. La boule avait à peine un peu
trop de vitesse ... ou à peine pas assez ... ou
bien elle a cassé un poil trop tôt ou trop tard,
autant de petites choses qui, malgré une apparente
perfection, ne donne pas le strike tant convoité.
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| La
zone verte |
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Comme il existe une infinie variété
d'angle d'entrée (qui dépend de la façon
dont la boule "crochette"),
nous allons examiner 3 types d'angles
pour illustrer comment vous prenez une
"douche froide".
Angle
= 0° pas de crochet. Trajectoire parallèle
aux lattes,
Angle
= 4° crochet moyen,
Angle = 6° fort crochet.
6° peut vous sembler faible !! Et pourtant, détrompez-vous!
Fort peu de joueurs en sont capables.
La plupart d'entre nous jouons avec un
crochet variant de 0 à 5° environ.
Néanmoins, il est évident que plus la
cassure s'effectue loin sur la piste,
plus l'angle est important.
N.d.T. : Prenons trois boules différentes
(cela peut être aussi 3 boules identiques
percées différemment), la 1ère cassant
à 38 pieds, la 2ème à 42 pieds, la 3ème
à 46 pieds, on obtient les angles d'entrée
suivants : 2°, 4° et 6° avec un
simple rapport de distance.
Quelle est la largeur de votre poche?
Regardons
tout d'abord le strike parfait "dans
la poche" comme nous le décrivons
plus haut. Prenons comme référence le
jeu d'un droitier en n'oubliant pas que
pour tout ce qui va suivre, il suffit
d'appliquer la symétrie à gauche (comme
Si vous regardiez les schémas dans un
miroir) Si vous êtes gaucher. Quand vous
attaquez la quille de tête dans ce que
nous appelons "la zone verte",
zone d'une taille raisonnable sur la surface
de la quille, la boule pousse la quille
1 sur la 2, la 2 sur la 4, etc... .
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Chaque quille a sa "zone verte". Statistiquement, Si la
boule touche les quilles 1,3 et 5 dans
leur "zone verte", c'est le
strike à tous les coups. C'est cette "zone
verte" qui détermine la taille de
votre poche.
Un angle d'entrée de 0° donne une poche large d'un pouce
(2,54cm), c'est-à-dire, un peu
plus d'une latte. Cette poche s'élargit
avec les angles d'entrée, et même s'il
est difficile de déterminer avec exactitude
la largeur maximale de cette "zone
verte", sachez qu'elle n'excède pas
2 pouces.
Mais dans tous les cas, Si vous touchez en dehors de
cette zone verte (mais néanmoins dans
son voisinage immédiat), vous êtes en
dehors de la poche et vous entrez dans
le domaine de la "douche froide"
Si vous êtes à droite de la "zone
verte" et dans le domaine des « splits »
Si vous êtes à gauche.
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Anatomie du striket parfait
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Pendant de nombreuses années, notre équipe a mesuré toutes
les façons possibles et imaginables dont
pouvaient tomber les quilles quand une
boule venait les bousculer. Mais avant
d'aller plus loin et pour une meilleure
compréhension, rappelons la définition
de quelques termes techniques
1) L'angle d'entrée est l'angle que fait la trajectoire
de la boule avec les lattes au moment
de l'impact. Un angle de 0° veut dire
que la boule est entrée dans les quilles
avec une trajectoire parallèle aux lattes.
2) La poche est l'endroit précis ou la boule doit
entrer dans les quilles (entre la I et
la 3 pour les droitiers et entre la i
et la 2 pour les gauchers) pour faire
un strike "parfait", c'est-à-dire
sans l'assistance d'un éventuel rebond
ou d'un éventuel brassage des quilles
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L'impossible quille de 10
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La plus commune des "douches froides" est la
quille 10 (la 7 pour les gauchers). Toutes
les collisions décrites sur le schéma "strike
parfait" ont lieu, sauf une. La boule
a heurté la 3 trop "pleine".
Il existe deux types "douches froides"
de ce genre
1. Vous entrez dans les quilles à droite
de la zone verte avec un angle trop faible
(Fig.3)
2. Vous entrez dans les quilles à droite
de la zone verte avec un angle trop grand
(Fig.4) |
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Si nos recherches ont démontré
que plus l'angle d'entrée est grand, plus
la poche est grande, elles ont aussi démontré
que la probabilité d'une douche froide augmente
en même temps.
Pour un angle d'entrée de 0°,
la poche est de 1 pouce, la probabilité
de laisser la 10 (c'est-à-dire de manquer
la zone verte de la 1) est de 30%.
Pour un angle de 4°, la
poche est de 1" 1/4, la
probabilité est de 40%.
Pour un angle de 6°, la poche est de 1"
1/2, la probabilité est de plus de
50%. |
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L'autre poche
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On ne peut pas
discuter de "douches froides"
sans parler de "l'autre" poche.
Les Américains l'appelle "wall-shot".
N.d.T. : littéralement "tir du
mur" mais appelé chez nous "strike
chanceux", ou "champ d'oignons"
ou tout autre qualificatifs qui peuvent
sortir de notre imagination surtout Si
l'on est pas l'auteur d'un tel strike.
Cette autre poche a, bien entendu,
toujours existé mais elle est aujourd'hui
totalement passée dans les mœurs à travers
la technologie galopante du matériel.
Nouveaux noyaux plus "puissants",
nouvelles matière de surface et surtout
nouvelles techniques de jeu.
Tout cela génère des boules très rapides
avec beaucoup de rotation et des cassures
beaucoup plus violentes.
Ce jeu "puissant" a pour résultat
de donner aux quilles une énergie supérieure
qui leur permet de tourner et de rebondir
sur les côtés ou sur le pin-deck et de
finir souvent ce que la boule n'a pas
pu faire. Dans cette poche-là, nous ne
sommes plus dans la voisinage direct de
la "zone verte" mais bien au
delà de la zone où généralement la 10
ou la 7 restent debout.
Beaucoup de joueurs ont délibérément opté pour un jeu
de ce type, mais attention ! La "poche
fine" est aussi large qu'elle offre
la promesse d'un strike à condition d'avoir
une cassure à la hauteur de la vitesse
et surtout de la rotation la boule. Sinon
c'est la punition.
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L'autre coin (quille de
7)
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Chaque médaille
ayant son revers, le danger de la "poche
fine" est de laisser l'autre quille
de coin: la 7 (la 10 pour les gauchers).
Le problème avec cette façon de
jouer est que trop de quilles doivent
rebondir et s'entrechoquer correctement
et en même temps pour donner le
strike. C'est le même rebond qui vous
donne 9 et même 9 1/2 et qui peut
vous donner aussi bien un 8 split tremblant.
Manqué ! D'un cheveu, mais manqué tout
de même!
Là aussi, l'angle d'entrée joue un rôle
capital. A l'inverse de la "poche
parfaite", qui nous montre que plus
l'angle d'entrée est grand plus la probabilité
de laisser la 10 est grande, la "poche
fine", elle, nous montre que plus
l'angle d'entrée est faible, plus la probabilité
de laisser la 7 est grande.
Pour un angle de 0°, la "zone
verte" est de 1 pouce, mais
la probabilité de laisser la 7 est 36%.
Pour un angle de 6°, la "zone
verte" n'est plus que de 1/2 pouce,
mais la probabilité de laisser la 7 est
réduite à 24%.
En résumé, plus l'angle d'entrée
est grand plus la 5 a de chance d'aller
heurter la 7, soit directement, soit avec
l'aide de la 4, soit en rebondissant sur
le mur de côté.
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La vraie douche froide
(La quille de 8)
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Alors que la plupart des joueurs
savent pourquoi la 10 reste debout (N.d.T.
bien que très souvent on invoque un pin-deck
mal dégraissé), ils sont très surpris
quand la 8 reste imperturbablement debout
et même pas tremblante !! et ce, malgré
une poche apparemment parfaite.
Il est vrai que la pourcentage
de quilles 8 laissées est très faible,
exception faite de toutes sortes de spits
laissés ou la 8 est généralement accompagnée
de une ou deux autres quilles. Toujours
très agréable !!
Cette quille 8, quand elle est
seule donc, est le résultat d'une boule
un poil trop pleine ou un poil trop fine
dans la poche. C'est la 5 qui n'a pas
fait son travail.
Dans ce cas-là, malgré l'entrée
un peu trop fine ou un peu trop pleine,
la déviation de la boule provoquée par
le choc contre la quille 1 est pas suffisamment
importante pour empêcher la chute des
quilles de coin mais est suffisamment
importante pour ne plus attaquer la quille
5 dans sa "zone verte" Cette
déviation est de l'ordre de 1/4 de pouce
et engendre donc la seule véritable "douche
froide".
Chose intéressante lors de cette
recherche, l'angle d'entrée n'a pas eu
grande incidence sur la probabilité de
voir la 8 vous faire un pied de nez. la
proportion est pratiquement la même dans
tous les cas de figure, que vous donniez
20 tours à boule ou pas du tout.
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La nouvelle douche froide
(quille de 9)
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Et que dire
de la quille 9 (la 8 pour les gauchers)
C'est la nouvelle génération de
"douches-froides". Mais bon sang,
comment ma boule a-t-elle fait pour laisser
ça?! Est-elle "trop rentrée" ?
Et bien oui
Il est vrai que cela ne vous arrive pas
souvent, mais ça arrive. Surtout Si votre
boule a une cassure importante.
En quelques rares occasions, vous pouvez
laisser la 9 sur une entrée trop pleine,
habituellement accompagnée de la 4 quand
elle n'est pas fauchée au passage, et même
quelquefois de la 7 et de la 10. Ça aussi
c'est très agréable. Mais dans presque tous
les cas, quand la 9 reste debout seule,
la boule est "trop rentrée", on
dit aussi qu'elle a "trop fini".
Cette "douche froide" est un phénomène
de ces dernières années lié aux nouvelles
générations de boules et/ou de jeux.
Grâce à ces nouvelles générations de matériels, les joueurs
de bowling obtiennent d'entrée de plus en
plus larges. L'ABC a découvert que la boule
ne dévie plus du tout de la même façon que
dans ce bon vieux strike traditionnel. En
réfléchissant un peu, il est évident que
plus l'angle d'entrée sur la 1 est important,
plus il est difficile pour la boule d'être
déviée sur la 3. Elle arrive donc trop pleine
sur la 5 et ne dévie plus sur la 9. C'est
pour cette raison qu'il est virtuellement
impossible de laisser la 9 avec un angle
d'entrée dans la poche inférieur à 4°. |
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Les douches froides qui n'en sont pas
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Et pourtant...!!
Vous avez sans doute remarqué qu'il y a des quilles qui
restent, elles aussi, imperturbablement
debout, seules au milieu du pin-deck, et
dont nous n'avons pas encore parlé.
Tout simplement parce qu'elles ne sont pas considérées
comme faisant partie de la classe des "douches
froides", et ce, bien qu'elles nous
refroidissent autant.
Alors oubli ou injustice?
Et bien il ne s'agit en fait que d'erreurs, soit de lâcher,
soit de distance de pose, soit (et c'est
le cas le plus souvent) une erreur de passage
au repère.
Vous avez sans doute aussi remarqué que nous vous avons
parlé de ce qu'il se passe dans 30% des
cas où vous "ratez" la poche,
mais rien, aucune explication à propos des
70% restant.
Il est presque impossible de déterminer statistiquement
comment une quille va tomber Si elle n'est
pas attaquée dans sa "zone verte"
(et encore !!).
Autant on peut le déterminer sur la quille 1, mais c'est
de plus en plus hasardeux quand on essaie
avec les suivantes.
Va-t-elle rouler? Si oui, de quel côté? Si non, va-t-elle
rebondir? Et où ? Dans la rigole ou sur
le pin-deck ? Va-t-elle renverser une autre
quille restée debout alors d'après les données
de base elle n'est pas censée le faire?
Sans compter que le "spoting" des quilles,
aussi précis et constant puisse-t-il être,
influe indiscutablement sur le résultat.
Et les quilles elles-mêmes...
Alors
dans 70% des autres cas où vous ratez la
poche, et bien c'est au petit bonheur la
chance. |
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La mauvaise nouvelle
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Mis à part le travail des quilles
qui, statistiquement vous aidera plus
qu'il ne vous gênera, il y a une très
mauvaise nouvelle:
Vous ne pourrez jamais éviter les "douches froides",
quelque soit votre niveau et votre façon
de jouer, mais vous pouvez, néanmoins,
faire partie des joueurs qui en prendront
moins que les autres Si vous avez bien
compris ce qu'il se passe entre votre
boule et les quilles.
Si vous laissez trop souvent la 10, changez
de ligne de jeu. Si l'autre quille de
coin passe son temps à vous narguer, peut-être
utilisez-vous un peu trop la "poche
fine". Un peu moins de cassure vous
aidera sans doute.
Tout ça pour dire que l'interaction entre
la boule et les quilles est un processus
très complexe (trop?). Aucune des solutions
ou des réponses que l'on pourrait vous
apporter n'est absolue mais au moins,
vous saurez pourquoi vous laissez cette
insupportable 10, ou cette fichue 8, ou
bien cette foutue 9, ou encore cette [CENSURE]
de 7.
Quelque soit votre niveau et/ou votre
façon de jouer, cette incontrôlable probabilité
sera toujours présente ; vous ne pourrez
jamais faire mieux que la réduire.
Alors
apprenez à sourire et n'oubliez jamais
qu'un spare c'est toujours 10 quilles
de mieux.
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| (Article
paru dans le "BOWLING Magazine"
de Janvier 94. Par Larry VEZINA, traduit
de l'anglais par Guy SEILLAN)
|
Larry VEZINA - Superviseur des recherches sur les spécifications
des équipements de l'ABC/WIBC - Diplômé
de l'Université de CALGARY avec un degré
en chimie.
Guy
SEILLAN
- Bowlers Toulousain |
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